samedi 14 octobre 2017

Handicap : une condamnation de l'État qui fera date


Extrait du site Toupi.fr :

 « L’État français a été condamné le 12 octobre [2017] à verser une indemnisation de plus de 30.000 € à un enfant autiste et à sa famille parce que cet enfant s’était trouvé privé, pendant 15 mois, d’un accompagnement adapté par un SESSAD (Service d’Education Spéciale et de Soins A Domicile). Il a, de plus, été condamné à rembourser à la plaignante la somme de 1.500 € au titre des frais de justice.

Cette condamnation fait suite à de nombreuses condamnations déjà intervenues et elle rappelle que l’État est pleinement responsable en cas de carence dans l’accompagnement d’une personne handicapée.

 Dans le détail, cette nouvelle jurisprudence est intéressante à plusieurs titres :

 1)   Le montant de l’indemnisation est sensiblement équivalent au coût d’une place en SESSAD pour la durée pendant laquelle cet enfant autiste en a été privé : cela montre donc à l’État qu’il n’a aucun intérêt à économiser sur le coût des places à créer puisqu’il sera condamné à indemniser la famille à hauteur du même montant.

2)   Autre point notable : c’est non seulement le préjudice de la mère et de l’enfant autiste mais aussi le préjudice des frères de cet enfant qui ont été reconnus : le préjudice a été indemnisé à hauteur de 3.500 € pour chacun des frères. »

 Voir l’article intégral (et tous les liens vers ce dossier) ici.

Notre analyse :

ENFIN ! Cette fois, l’État français est condamné à verser autant qu’il aurait dû dépenser pour une prise en charge effective sur la durée retenue.

Tous les autres procès antérieurs et gagnants des familles et des associations aboutissaient systématiquement à une indemnisation très en-dessous des frais qui auraient dû être investis par l’État sur la durée en cause.

Le risque était donc que ces jugements encouragent l’État à ne pas investir dans le handicap, puisque les procès pour son absence d’investissement se révélaient moins coûteux.

La conséquence de ce nouveau jugement est, s’il en appelle d’autres, que l’État français n’aura plus à gagner à se laisser traîner devant les tribunaux, se couvrir de honte sur les plans aussi bien national qu’international, etc. À égales dépenses, il est donc plus incitant pour lui de fournir les réelles prestations.

Loin de la gloriole de quelques associations et de certains professionnels qui montent en épingle les jugements précédents en maquillant une perte en grande victoire, cette fois-ci le job a été assuré, sans tambour ni trompettes, ni surtout jeter en pâture la famille concernée par des indications menant à sa reconnaissance sur les réseaux sociaux et autres médias.

Cela s’appelle la vérité.
Cela s’appelle la discrétion.
Cela s’appelle le respect. 
Cela s’appelle la déontologie. 
Cela s’appelle l’efficacité. 
Cela s’appelle la conscience professionnelle.
Cela s’appelle l’honneur.
Cela s’appelle l’honnêteté.

Prenons tous acte de ces faits. Et exemple.

mercredi 11 octobre 2017

Handicap : la question dont on connaît déjà la réponse  


Visite en France de Catalina Devandas-Aguilar, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des personnes en situation de handicap.


Extrait concernant les Français de Belgique :


« Ma visite se concentrera principalement sur la question de l'institutionnalisation, y compris la pratique d'envoyer des personnes handicapées françaises dans des établissements en Belgique »


Oh ben c’est facile : le gouvernement va répondre qu’il a arrêté cette pratique. En réalité, il a arrêté son financement de nouveaux départs et ne renouvelle plus la prise en charge des frais de transport.


Ce n’est pas pour cela qu’il offre une solution adaptée en France aux personnes concernées.


Emmanuel Macron s’était pourtant engagé à résoudre ce problème sur son quinquennat. Il faut croire que sa Secrétaire d’État au handicap, Sophie Cluzel, ancienne responsable d’associations nationales du handicap ayant médiatisé l’exode des Français en situation de handicap en Belgique, n’a pas voulu attendre qu’on trouve les solutions.


Ce sont pourtant ces associations qui refusent le plus souvent d’accueillir dans leurs établissements des personnes avec des déficiences ou des troubles du comportement importants ; d’où l’orientation en Belgique de ces personnes.


Voilà une des nombreuses raisons pour lesquelles les associations gestionnaires d’établissements et autres services ne devraient jamais être invitées en tant que représentantes des personnes handicapées dans les commissions, conseils et toutes autres instances participatives et consultatives. Le conflit d’intérêts étant manifeste.




Lire ici l’article intégral sur la visite de Mme Devandas-Aguilar.


La presse de caniveau au régime sec


Non-respect de la déontologie journalistique : les coupables punis là où ça fait mal : aux subventions.


Particulièrement visé pour ses abus : le groupe Sud-Presse, qui voit 1,5 millions d’euros lui passer sous le nez. Lire ici l’article de la RTBF à ce sujet.


Cela n’est pas étonnant. Effectivement, entre titres racoleurs et versions outrancières de faits divers et autres actualités, il était temps que le citoyen n’ait plus à mettre la main au portefeuille. 


Ce qui pourrait être drôle l’est moins quand un journaliste ne donne qu’une version d’un même fait, que cette version est diffamatoire, ne consulte pas l’autre partie, monte l’affaire en épingle sur le net et les réseaux sociaux. Au passage, il se fiche complètement de piétiner un honneur, une vie consacrée à une cause…


Il n’accorde qu’un droit de réponse minime, tronqué et faisant fi des preuves de la bonne foi de la personne calomniée. J’avais déjà évoqué cette affaire dans ce précédent billet.


Ces journalistes et leur rédaction auraient beau jeu de se revendiquer de la liberté de la presse, cette liberté n’autorise pas le mensonge !


Bah, ce n’est pas si grave pour le journal, les 1,5 millions de perdus. Grâce au lectorat avide de sensationnel et aux rentrées publicitaires inhérentes à l’importance de ce lectorat, il engrangera bien plus de profit. On ne se fait pas trop de souci pour lui…

vendredi 6 octobre 2017

Un débat perdu d'avance


Ou le double effet pas kiss pas cool des actions intempestives des « contrevenants » à la loi Godwin.

Quel double effet ? 1) se couvrir de ridicule 2) banaliser le nazisme

Un excellent article paru dans l’Avenir de ce 6 octobre 2017 :

Un débat perdu d’avance

L’évocation du nazisme a toutefois pour effet de couper court à la discussion.

« C’est ce qu’on appelle le point Godwin, poursuit l’historien. Faire référence à Hitler, c’est une façon de clore immédiatement le débat. »

Et ainsi, de clouer au pilori celui qui fait l’objet du rejet. La cause que l’on souhaite défendre, soit la démocratie face aux extrêmes, se voit donc complètement annihilée.

Selon Jean-Michel De Waele, professeur en sciences politiques à l’ULB, «si on prend le cas de Theo Francken, la comparaison est tellement excessive qu’elle en devient insignifiante ».

Elle s’inscrit par ailleurs dans un contexte propice à la caricature, qui laisse peu de place à la complexité et à la pondération.

Cette forme de communication serait en effet symptomatique d’une montée des radicalités, comme l’explique Henri Deleersnijder : « Je constate qu’il y a une montée des extrêmes en matière de langage dans nos sociétés: on peut l’observer avec les réseaux sociaux. Cette montée des extrêmes est préjudiciable au débat démocratique, car elle fait fi de l’une des qualités de nos démocraties, qui est le recours à la nuance. »

Enfin, l’assimilation au nazisme présente un écueil inadmissible ; la banalisation. « Si vous traitez tout le monde de fasciste, conclut Jean-Michel De Waele, vous affaiblissez la notion de fascisme. Dans nos démocraties où les problèmes sont massifs, c’est un vrai danger. »



Nous avons pu tous constater ce genre de situation, via les médias à notre disposition.

Notamment les fois où l’on a traité de nazis des gens admirables par leur combat, qu’il s’agisse de Simone Veil défendant le droit à l’IVG ou d’une présidente d’association qui a commis la terrible « faute » de demander pourquoi les parents d’enfants en situation de handicap en Belgique n’allaient pas en France, puisqu’ils vantaient tellement ce système français…

Ce n’était qu’une question logique, quand on sait que les parents d’enfants en situation de handicap en France viennent chercher en Belgique les solutions qu’ils n’ont pas chez eux. (Enfin les « sachants » sont ceux qui connaissent la situation réelle, mais ne vaut-il pas mieux la connaître pour exprimer publiquement une opinion à ce sujet ? Et, surtout, ne pas apporter de l’eau au moulin de cet article quant au ridicule de ces commentateurs et surtout à la banalisation du nazisme ?)

À la question : pourquoi les gens passent-ils si facilement et si fréquemment le « point Godwin » ?

Je répondrais : parce que l’émotion l’emporte sur la raison. Il se peut aussi que la bêtise rentre malheureusement en ligne de compte... Ces deux possibilités me semblent constituer la réponse la plus logique / rationnelle / évidente.

Biffez la mention inutile 😊

Et, SVP, si vous prenez le temps : pensez à proposer d’autres mentions sur ce point en commentaire pour que cet article soit plus exhaustif. Ce sera utile pour, notre seulement votre serviteuse, mais aussi tous les lecteurs.
Merci pour votre pierre à l’édifice.




jeudi 5 octobre 2017

Merci pour ce si joli moment

Très joli moment à visionner ici.

 Si Capucine ne vous arrache pas une larme, vous avez un cœur de pierre.

J’ai été Capucine. Ce n’était pas mon intelligence qui était remise en cause par un faiseur de buzz à tout prix, mais ce à quoi j’ai dédié ma vie : mon engagement de bénévole dans le handicap et l’autisme.

Non, l’audimat, le public avide de sensations de plus en plus fortes ne justifie pas le manque de professionnalisme de journalistes, chroniqueurs et autres animateurs qui n’hésitent pas à piétiner une vie, un honneur.

L’information exige qu’on la recoupe, et qu’on entende toutes les parties avant de publier. Le métier de journaliste mérite bien mieux que d’être l’instrument de personnes se livrant à des pratiques diffamatoires. Vous ne serez pas tous des Albert Londres, des Pulitzer, des Kessel, des Camus… vous pouvez cependant essayer de faire en sorte qu’ils ne se retournent pas trop souvent dans leur tombe.

Et si on a commis l’erreur de ne pas vérifier l’information avant de jeter en pâture l’honneur et la vie d’une personne, il est encore plus grave de persister en refusant un droit de réponse ou en ne l’accordant que diminué, tronqué, alors qu’on connaît la vérité.

Guy Carlier a eu l'intelligence de s'excuser et non pas d'essayer de trouver des justifications où il n'y en a pas.

Puisse cet instant « contaminer heureusement » certains chroniqueurs de ONPC, voire d’autres moins célèbres, plus locaux. Le buzz n'est pas tout. Et si vous sacrifiez votre âme à votre carrière, c’est que la 1ère ne vaut pas grand-chose.




mercredi 4 octobre 2017

Pour les familles françaises en Belgique

Message aux familles françaises de personnes en situation de handicap qui éprouvent des refus ou des difficultés pour la prise en charge des frais de transport et/ou d’hébergement en Belgique :
Envoyez un mail explicatif à : afresheb1@proximus.be
Afin que nous puissions faire le point sur les dossiers en cours et surtout faire remonter vos besoins.La solution ne viendra que de la France, encore faut-il qu’elle prenne la mesure du problème…
#plan5ans #promesseMacron

Alouest - Il Fuit

mardi 26 septembre 2017

Mémé dans les orties, personnes handicapées dans les ronces


Il ne faut pas pousser mémé dans les orties, mais fallait-il pour autant pousser la personne handicapée dans les ronces ?


« Une nouvelle enveloppe de 15 millions d'euros sera dédiée à la prévention des départs en Belgique. » Sur le quinquennat, soit 3 millions par ans.


Quand on sait que 400 millions partent chaque année en Belgique pour financer l’hébergement des personnes handicapées françaises en Belgique, on n’a pas le derrière sorti des ronces, en proposant même pas cent fois moins…


Macron avait promis lors de sa carte blanche un plan sur 5 ans pour stopper l’exode en Belgique. En attendant, sa ministre Sophie Cluzel a stoppé le financement de cet exode, mais pas pour autant apporté les solutions en France. Pays qui aurait bien eu besoin d’un véritable plan quinquennal pour les installer.


Le gouvernement a mis la charrue avant les bœufs. Seules les familles qui auront les moyens pourront financer elles-mêmes le transport et le séjour en Belgique. Ou la solution en France, si elles ont encore plus de moyens, vu que tout, ou presque, y reste à créer.


Lire ici l’article intégral sur les annonces du gouvernement pour son plan handicap. Le compte n’est pas du tout bon. Et en parlant de Toubon… qu’en pense le Défenseur des Droits, de ce plan ?


Je me dis qu’avec ça, le ministre de l’Éducation nationale a fort à faire. Quand on a un gouvernement qui ne sait même pas compter, on peut imaginer le niveau des élèves…