samedi 18 novembre 2017

Soir Gris


Quand « Intouchables » est sorti, ils sont tous allés le voir. Ils ont été émus, ils ont aimé, ri, pleuré. Leur cœur était amour.
#matinrose


Quand « De toutes nos forces » est sorti, ils sont tous allés le voir. Ils ont été émus, ils ont aimé, ri, pleuré. Leur cœur était amour.
#midibleu


Quand on a voulu scolariser nos enfants différents dans leur école, ils ont refusé.
#soirgris

mercredi 15 novembre 2017

Réflexe scientifique

Lu ce matin dans le journal « Une nouvelle piste contre les troubles de l’apprentissage ». On y parle des réflexes archaïques. Une musicienne française ayant suivi une formation de naturopathe (eh oui, vachement scientifique tout ça), Agnès Canu, y est interviewée. Elle vient en Belgique donner des formations de « rhytmic movment training (RMT)» à des psychiatres, logopèdes, psychomotriciens, ostéopathes, chiropracteurs, enseignants. Lundi, elle a rencontré des chefs d’établissements scolaires. La conférence qu’elle donne ce soir à Mons est complète.


J’incite les professionnels sérieux et les familles à lire ce qu’en pense l’INSERM dans son expertise collective « Dyslexie, Dysorthographie, Dyscalculie : Bilan des données scientifiques » (2007). Extrait du Chapitre 23 : Traitements et méthodes de rééducation de la dyslexie.


« Rééducation des réflexes archaïques


Il a été suggéré qu’il y aurait un lien causal entre la persistance des réflexes archaïques et les troubles d’apprentissage (Morrison, 1985).

Les réflexes archaïques sont des réflexes présents à la naissance qui peuvent être essentiels à la survie du nourrisson (par exemple la succion), mais qui disparaissent ou évoluent avec le développement cérébral au cours de la première année de vie.

Plusieurs dizaines de réflexes archaïques ont été décrits. La persistance de tels réflexes au-delà de 12 mois peut indiquer une atteinte neurologique et des troubles moteurs (Holt, 1991).

McPhillips et Sheehy (2004) ont évalué la persistance d’un réflexe archaïque particulier (le réflexe tonique asymétrique du cou) au sein d’un échantillon représentatif de 409 enfants âgés de 9 à 10 ans, en comparant en particulier les enfants se situant au-dessous du 10e centile en lecture (mauvais lecteurs), à ceux des 10 % médians et à ceux situés au-dessus du 90e centile.

Ils ont observé que la persistance maximale du réflexe était observée chez 17 % des enfants mauvais lecteurs, et chez aucun des enfants des deux autres groupes. Au sein du groupe de mauvais lecteurs, ceux qui répondaient à un critère diagnostique de la dyslexie présentaient une fréquence plus élevée (60 %) de persistance du réflexe tonique asymétrique du cou, mais ce n’était pas le cas pour les quelques dyslexiques présents dans le groupe médian.

Ainsi, les auteurs suggèrent que la persistance de réflexes archaïques pourrait être associée à la dyslexie (McPhillips et Sheehy, 2004).


Sur la base de cette observation, McPhillips et coll. (2000) ont effectué un essai clinique contrôlé randomisé en double aveugle d’un traitement consistant à répéter régulièrement des mouvements liés à quatre réflexes archaïques, de manière à faire disparaître ces réflexes.

Le groupe placebo répétait des mouvements similaires mais ne présentant aucun lien avec des réflexes archaïques, et il y avait également un groupe témoin ne subissant aucun traitement.

Le critère d’inclusion des enfants dans cet essai était à la fois d’être dyslexique (selon un critère pré-établi) et de présenter une persistance du réflexe tonique asymétrique du cou. Les auteurs ont observé une réduction du réflexe tonique asymétrique du cou et des progrès significatifs en lecture chez le groupe expérimental par rapport au groupe placebo.


Bien entendu, la focalisation de l’étude sur des enfants dyslexiques présentant une persistance de réflexes archaïques n’autorise pas de généralisation à l’ensemble des enfants dyslexiques, et la prévalence de la persistance de réflexes archaïques demanderait à être confirmée.

On peut également s’interroger sur la nature de l’effet observé. En l’absence d’hypothèse précise sur le lien entre réflexes archaïques et lecture, il semble plausible qu’il s’agisse d’un effet indirect.

Par exemple, si les enfants présentant une persistance de réflexes archaïques souffrent de troubles moteurs, et que le traitement proposé améliore la motricité, il peut s’ensuivre un gain de confiance et d’estime de soi qui change l’attitude et les performances de l’enfant dans de multiples domaines scolaires et extra-scolaires, entre autres la lecture.

Dans ce cas, on en conclura que le traitement des réflexes archaïques n’est pas un traitement des troubles de lecture en tant que tels, mais des troubles moteurs ou d’autres symptômes associés à la dyslexie.

Dans l’état actuel de l’art, les données disponibles sont insuffisantes pour répondre à ces questions. »





lundi 13 novembre 2017

Bondir et rebondir. Le handicap, c’est moche.


On vous parle de rebondir, mais il y a des choses qui vous font bondir.

Cette interview de Sophie Cluzel, à propos de la semaine de l’emploi et du handicap. Hormis quelques bonnes – ou moins bonnes –  idées à la marge comme :

·        la création de postes de job coaching pour 1000 travailleurs handicapés : une goutte d’eau dans la mer, il ne s’agit même pas de 1000 postes de job coaching, faites gaffe à ne pas faire l’inversion…

·        Duoday opération presque purement médiatique piquée aux Belges (ouh c’est pas beau de pomper et de dénigrer en même temps « l’exil » des personnes handicapées françaises en Belgique),
,
·        autres déclarations d’intention comme « changer les mentalités » (c’est ce qu’il faut faire, mais sans action concrète, ça ne mange pas de pain),

·        la mutualisation des fichiers MDPH et Pôle Emploi (je demande à voir comment 2 trucs pas réellement performants mis ensemble créeront de l’efficacité, sinon pour la radiation dans l’un et/ou dans l’autre ? Bon, en même temps, si on peut même plus en profiter pour faire un peu du flicage, où va-t-on ma bonne dame ?)

·        et quelques trucs plus chelous comme la déclaration sociale nominative qui, sous couvert de simplification bien légitime peut se révéler être un gros bras armé de Big Brother (ah oui quand même),

Je relève :

« On doit lever l’autocensure des PH [NDLR pour les non-initiés : abréviation qui signifie : personnes handicapées] pour mobiliser l’offre de service des Missions locales et de Pôle emploi. »

J'en reste baba... Les Missions locales sont pour les jeunes de 16 à 25 ans (les autres, circulez, rien à voir), l’article vous renvoie d’ailleurs à un site non officiel (pour cause d’absence de site officiel !).

Quant à Pôle Emploi, on a pu en apprécier l'efficacité (pour chronicité de manque de moyens entre autres) dans des reportages télévisés édifiants... déjà pour les gens « ordinaires » alors, vous pouvez imaginer le challenge pour les gens extra-ordinaires ! Mais non, l’inemployabilité des personnes handicapées c'est de leur faute car elles s’auto-censurent en ne sollicitant pas ces organismes redoutables d’efficacité… bien sûr…

Puisqu’on vous dit qu’on l’a constaté, comme ici.

Ne serait-ce pas la faute plutôt à l’Éducation Nationale, qui refuse de s’occuper de nos gosses, donc de les former pour qu’ils obtiennent un emploi ?

On sait que c’est aussi la faute à notre société, moralement pas ouverte à la différence, et que cette fermeture est encore plus flagrante envers les personnes handicapées qu’envers les autres minorités. (Imaginez un instant que des dispositions légales vous permettraient de payer un genre de taxe pour vous offrir le luxe de refuser d'employer des travailleurs gays, d’une autre religion, d’une autre couleur de peau, de sexe féminin, d’une certaine tranche d’âge, etc.). Tout le monde crierait à la discrimination, évidemment. Mais dans le handicap, on est bien content que ces quotas existent, sinon on serait encore plus à la rue. C’est vous dire.

Mais l’autocensure des « PH », celle-là on l’avait pas encore mise sur notre dos, on me l’avait pas encore faite…

Et c’est une Secrétaire d’État issue de nos rangs associatifs qui l’ose. Quel virage à 180°…
Madame, on comprend que vous soyez pieds et poings liés, on vous pardonnera votre langue de bois, on se dit que vous faites au mieux de la marge de manœuvre que vous avez.

Mais là, franchement, dire en substance que la situation dans laquelle se retrouve les personnes handicapées sur le plan professionnel est leur faute… Non, ça ne passe pas.

Il y a des jours où l’on a envie de tout plaquer tellement on peut être révolté. Mais certains ne l’ont pas cette envie. C’est bien dommage. Car, même si cela ne servirait à rien, ça aurait de la gueule, de leur part.

mardi 7 novembre 2017

Mention particulière




J’avoue. Hier, j’ai hésité quelques secondes. Moi qui me lève handicap, qui vis chaque jour handicap, qui me couche handicap, qui rêve handicap, est-ce que j’allais vraiment regarder ce téléfilm, qui allait encore me faire pleurer ?

Ben oui, je regarde. Je le dois bien pour mon fils qui a bénéficié de l’inclusion, je le dois pour toutes les familles qui luttent pour cela.

Et j’ai bien fait. Superbe, et une arme massive pour tuer les préjugés. Et démythifier le handicap, enfin.

Et j’espère que les 13 familles, les 26 parents qui ont retiré leur enfant de l’école tout près de chez moi parce qu’elle a voulu intégrer des enfants autistes ont aussi regardé « Mention particulière » et qu’ils ont eu des remords.

Mention spéciale à toi, à qui on a dû expliquer lors de la réunion que non, nos enfants n’étaient pas contagieux.

Mention spéciale aussi à toi, à qui il n’y a pas si longtemps, on aurait refusé ton enfant à l’école en raison de sa couleur de peau. En refusant nos enfants, tu as renié tes ancêtres, tu t’es reniée toi-même et pire, tu as renié ton propre fils. Il te faudra vivre avec ça, et peut-être l’angoisse qu’il te le reproche un jour ?

Aux 26 parents : je vous souhaite à tous d’avoir un enfant handicapé. Parce que ça rend moins égoïste.

Eh oui, ça ferait un beau sujet de philo pour le bac :
« Paradoxalement, avoir un enfant avec une déficience intellectuelle, ça rend moins con. Expliquez ».

Les autres auront 4 heures pour rendre leur copie, vous on va vous laisser quelques années. Ce sera votre aménagement déraisonnable. Parce que je pense qu’il vous faudra au moins ça pour y arriver.