lundi 22 mai 2017

Élections législatives françaises : les programmes – Philip Cordery (actualisation)


Comme annoncé dans mon précédent billet, j’ai posé les questions suivantes au sujet du handicap avec le candidat sortant :

-      Si certains élèves français transfrontaliers devaient être amenés vers leurs écoles d’enseignement spécialisé en transport mutualisé, est-ce que les représentants des usagers seraient invités aux groupes de travail à ce sujet ?

-      Afin de répondre aux besoins des Français en France, à propos de l’inclusion scolaire, la formation initiale et continue ne devrait-elle pas aller plus loin et concerner la suite, c’est-à-dire les interventions ?



La réponse aux deux questions est affirmative. De plus, à propos du handicap, le député rajoute :

-      Qu’une MDPH soit créée pour les lycées français de l’Étranger, et non plus qu’ils soient rattachés à la MDPH de Paris qui est submergée ;

-      Qu’une reconnaissance du handicap soit harmonisée et automatique dans l’union européenne (afin de ne pas avoir à refaire un dossier lorsqu’on s’installe dans un autre pays de l’UE).

Le programme de Philip Cordery sera modifié en tenant compte de ses nouveaux éléments.




vendredi 19 mai 2017

Élections législatives françaises : les programmes – Caroline Laporte


Pour les Français du Benelux : programme de Caroline Laporte (UDI, Conseillère Consulaire)


Suite à l’article sur le programme de Philip Cordery député sortant, voici celui sur le programme de Caroline Laporte, toujours sur le thème du handicap. Il va de soi que je n’analyserai que les programmes que j’ai reçus, et qui traitent du sujet des Français en situation de handicap en Belgique et en France.

Là aussi, la Conseillère à qui le thème du handicap tient à cœur et s’est montrée dans son mandat proche du terrain, évoque les nombreuses familles françaises concernées par le handicap en Belgique.

Elle détaille également des propositions intéressantes pour résoudre le problème à la source, c’est-à-dire en France.

On voit qu’elle connaît bien le dossier dans des détails techniques et qu’elle est résolue :
ü L’inclusion tout au long de la vie ;
ü La différence fondamentale entre la France et la Belgique : l’Éducation vs le médico-social comme acteur de 1ère ligne ;
ü Les exemples concrets : les pédagogies adaptées, le Service Universitaire Spécialisé pour les personnes avec Autisme de Mons, la Fondation Autisme Luxembourg ;
ü L’inventaire des besoins, l’adaptation des ressources ;
ü Les formations des professionnels et des proches ;
ü Les transitions, de la naissance à la fin de vie ;
ü Elle cite même les approches recommandées par leurs acronymes ;
ü

Caroline Laporte a pris le parti d’exposer aussi le côté philosophique de sa démarche :

« Je souhaite que la France prenne ses responsabilités et adapte ses méthodes.  Le handicap nécessite une véritable « révolution en avant ». Il nous faut sortir de nos schémas habituels de pensée pour voir ce que la personne en situation de handicap peut apporter à la société et non plus seulement l’inverse. »

« Donner enfin à l’Éducation nationale le rôle primordial qui est le sien pour tous les enfants de la République, afin de leur permettre d’être des citoyens à part entière et des futurs adultes les plus autonomes possibles. »

Elle ne manie pas la langue de bois !
« […] faire rentrer notre pays dans le 21e siècle et le sortir du Moyen-âge »

 Des bémols à ce programme :
ü Si le problème de l’absence de solutions en France et ses pistes de solution sont bien développés, la situation des Français handicapés en Belgique n’est qu’effleurée, ce qui est assez paradoxal dans le contexte d’une élection somme toute locale. On comprend évidemment que les carences en France (en quantité et en qualité) sont la principale raison de l’exode, mais ce dernier devra prendre le temps pour se résorber. De plus, quid des personnes déjà installées, parfois depuis des années ? Des Français du Nord qui partagent le même bassin de vie ?

ü La conseillère relève bien de faire vivre l’accord-cadre et la coopération avec la Région wallonne, mais ne mentionne pas la Fédération Wallonie-Bruxelles, de qui dépend la scolarisation et avec laquelle aucun accord n’est passé, laissant ces enfants dans un vide juridique.

Voir l’intégral page 6 de ce flyer.


Élections législatives françaises : les programmes – Philip Cordery

Pour les Français du Benelux :
Programme de Philip Cordery (PS, député sortant) en ce qui concerne le handicap [avec des inserts de ma part en italique] :


16. Handicap

- Continuer à assurer le suivi de l’accord-cadre franco-wallon concernant l’accueil des personnes handicapées françaises en Belgique : priorité doit être donnée au conventionnement des centres avec les départements [NDLR : c’est-à-dire que, si les conventionnements des établissements financés par la sécurité sociale sont une convention générale et unique, les conventionnements des établissements financés par les départements sont hétérogènes et nous ne connaissons donc pas les conditions requises par les départements à ce conventionnement. La mise en place d’une convention unique est indispensable afin de garantir à tous une égalité de traitement.] et au développement d’une charte qualité permettant d’assurer une meilleure information aux parents.

- Signature d’un accord entre la France et la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant la scolarisation dans l’enseignement spécialisé. [NDLR : demande récurrente des associations, ces enfants se retrouvant hors cadre juridique.]

 - Assurer la prise en charge des transports de tous les élèves scolarisés en Belgique, si possible de manière mutualisée.

- Rendre les départs non choisis en Belgique inutiles en continuant de réorienter la politique du handicap en France : mise en place d’une vraie « réponse accompagnée pour tous » permettant de trouver un dispositif adapté à chaque personne que ce soit un placement en établissement, le maintien à domicile ou le travail adapté ; réorientation des pratiques concernant la prise en charge de l’autisme vers les méthodes comportementales et l’abandon de de la prise en charge psychanalytique et médicamenteuse - interdiction du packing - ; mise en place d’une politique l’inclusion scolaire en lien avec le MEN en développant la présence d’intervenants paramédicaux dans les écoles et en développant la formation initiale et continue des enseignants pour favoriser la détection.

Au point culture :
23. Accès en rediffusion depuis l’étranger à tous les programmes des chaines françaises publiques de télévision

[NDLR : important pour accéder aux émissions consacrées au handicap]

Vous pouvez télécharger ici le bilan, les propositions, et le document de campagne de Philip Cordery.

 Aux autres candidats : n’hésitez pas à envoyer vos propositions à isabelle.resplendino@skynet.be pour que je les relaye afin d’informer nos compatriotes concernés.


Analyse :
Le candidat sortant a un excellent bilan personnel. Toujours proche du terrain et très attentif au sort de ses compatriotes en situation de handicap, il a relayé sans cesse les demandes des associations, et aidé à résoudre des dossiers non seulement généraux mais aussi individuels, dont beaucoup étaient dramatiques.
 
En plus de ses rapports et nombreuses contributions, déplacements, entretiens sur la question, certaines propositions des associations (car les départs en Belgique ne peuvent être stoppés que par l’apport de solutions en France) ont bien trouvé écho dans le gouvernement précédent :

-      Création des classes à pédagogie adaptée à l’autisme (UEMA) – dans la perspective de raccrocher à l’ordinaire des enfants atteints de troubles sévères (but atteint en grande partie, voir le récent rapport IGAS sur le 3e plan autisme)

-      Dispositif « plus de maîtres que de classes » dans la Loi Peillon (malheureusement limité aux élèves de zones d’éducation prioritaire, plutôt que d’être étendu à tous les besoins spécifiques)

-      Arrêt du financement du packing dans le médico-social (reste encore le sanitaire !)

-      Cadre du 3e plan autisme dans le respect des recommandations des bonnes pratiques (avec hélas les obstacles que l’on connaît pour son application).
-     
On peut bien sûr regretter que le gouvernement précédent n’ait pas retenu toutes les propositions, en particulier celles qui élaboraient une politique générale de réelle inclusion scolaire et une vision de société inclusive. Le futur gouvernement issu des élections législatives aura-t-il l’ambition, le courage et se donnera-t-il les moyens de le faire ?

Bémols dans les propositions du candidat sortant :
-      Les transports des élèves transfrontaliers mutualisés. Il faudra absolument que les représentants des parents soient associés aux groupes de travail afin de garantir que ces transports se feront dans des conditions optimales (moyens matériels, durée, personnel, formations du personnel…). Le « si possible » suggère-t-il toutefois que le transport individuel sera préféré si les conditions ne sont pas remplies ?
-      La formation initiale et continue des enseignants pour favoriser la détection : la détection est importante, mais il ne faut pas oublier la suite : les interventions. Tous les enseignants doivent être formés à l’orthopédagogie, avec des spécialisations selon les besoins spécifiques, si l’on veut aller vers une école inclusive.

Ces questions seront posées lors de la rencontre avec le candidat à Tournai ces prochains jours.

Quid du programme sur le handicap des autres candidats ?


vendredi 28 avril 2017

En avoir ou pas ?

Bien d’accord (ce n’est pas toujours le cas) avec M. Edwy Plenel sur la campagne d’entre deux tours, dans son interview au Soir. Extraits.

Il [Emmanuel Macron] fait une très mauvaise campagne ou Marine Le Pen est particulièrement bonne ?
Non, Marine Le Pen, elle fait ce qu’elle avait prévu de faire et ce qu’on attendait qu’elle fasse, en jouant sur le terrain social, c’est-à-dire en faisant une imposture sociale. La surprise, c’est la légèreté d’Emmanuel Macron, le manque de gravité, le manque de démarche collective, le manque d’écoute, le manque de sens politique. C’est ce que tout le monde voit et ça inquiète, y compris ses propres soutiens.

Comprenez-vous ceux qui hésitent à soutenir Macron ?
Pour ma part, il n’y a pas à tergiverser face à l’extrême-droite, mais je comprends tous ceux qui, dans l’électoral, ont été blessés socialement, blessés par l’indifférence du gouvernement auquel a participé M. Macron, qui n’ont pas envie de se mobiliser. Et leur dire qu’ils sont irresponsables, leur faire la morale, ça ne marchera pas ! Je le répète, c’est à M. Macron de les conquérir.

Article intégral ici.

Une fois n’est pas coutume, je suis même d’accord avec l’article, dans le même journal et la même édition, de M. Tisseron (psychanalyste qui n’est plus à présenter !) lorsqu’il dit qu’Emmanuel Macron manque d’empathie, contrairement à Marine Le Pen qui en use.

Moi qui penchais, au soir du 23 avril, pour un 2e tour sans suspense, devant l’indignité affligeante de cette campagne électorale et ses soubresauts je me pose quelques questions…


Et si Emmanuel Macron ratait l’inratable ?
Et si Marine Le Pen était élue ?
Et si François Hollande laissait, alors que personne ne s’y attend, sa trace dans l’histoire ?
Pas comme il aurait voulu qu’on la retienne, comme un Président « courageux »… mais comme le Président ayant exercé un quinquennat si calamiteux – après toutefois un précédent quinquennat tout aussi calamiteux – qu’il aura servi de marchepied au Front National pour l’accession au pouvoir ?

samedi 22 avril 2017

Les dessous de Marianne


Marianne est dans une cabine d’essayage.

Quelle tenue (couleurs ou tons différents) choisira-t-elle pour participer à la grande soirée du Tour de France ?

Jupe : bleu foncé, bleu marine, carmin, orange ?

Top : orange, carmin, bleu marine, bleu foncé ?

Il n’y aurait pas d’autres couleurs à sa taille. Est-ce qu’elle achètera quand même une jupe et/ou un top d’autre taille et donc d’autre couleur, à la surprise du public ?

Ou bien se décidera-t-elle pour une robe que personne n’a vue, car bien cachée dans un coin de la boutique ?

Tous les journalistes de mode ont prévu un tailleur très serré, mais l'on ne connaîtra son choix que lors de sa sortie sur le tapis bleu blanc rouge.



mercredi 19 avril 2017

Haut votage de plombs


Aujourd'hui, je me suis souvenue que dimanche est le jour du vote pour les présidentielles françaises. Important pour les Français en situation de handicap en Belgique. Pourtant, je ne me fais aucune illusion sur les belles promesses de campagne qu'ils ont tous tenues : « Arrêt de "l'exil" en Belgique ». Tu penses, en fait on sait très bien qu'après les élections présidentielles, ça va reprendre de plus belle, vu le nombre de dossiers en souffrance.

Pourquoi le grand public qui ne sait rien de la situation des familles penserait-il qu’il vaut mieux que les personnes restent sans solution ? Pourquoi croit-il qu’il serait possible de résoudre le problème sur un claquement de doigts, sur une simple décision, en oubliant les années nécessaires pour réformer un système qui a presque un demi-siècle de retard ?

Pourquoi de grandes associations nationales lui font croire cela ? Et au passage que les enfants et les adultes seraient mieux dans LEURS établissements que dans la société, peut-être ? Oh, on vous voit venir avec vos gros sabots médiatiques à l'approche des élections.

Ce n'est pas vous qui portez à bout de bras ces familles qui choisissent la fuite comme dernière solution. Ne croyez pas-vous pas qu’elles ont TOUT essayé en France avant ? Mais où est la simple logique ?

J'aurais tellement préféré qu'un candidat dise qu'il allait faire un plan pluriannuel sur son quinquennat pour apporter des solutions pérennes sans éloignement.

Mais non, ils disent pratiquement tous qu'ils vont « CRÉER des places » (et l'inclusion, alors en en fait quoi de ce « concept » ?)

Au mieux ils disent qu'ils vont embaucher plus d'AVS et les professionnaliser…

Tu parles, cela fait des années qu'on entend ce discours irréalisable. De petits jobs insuffisants pour des personnels précaires, auprès de « bénéficiaires » (sic) encore plus précaires, dont un pays, au bord de la faillite – comme tant d'autres – ne pourra améliorer ni la qualité, ni la quantité, toutes deux largement insuffisantes.

 

Après avoir écrit ces lignes, j’ai relevé mon courrier. Il contenait les professions de (mauvaise) foi [oh, je sais, c’était facile, je n’ai pas pu m’en empêcher].

Mis à part 2 exceptions, la platitude, pour ne pas dire la bêtise, des slogans électoraux est consternante. J'ai jeté au papier sans lire le reste ; de toute façon, j'avais déjà lu les programmes et pas un seul qui convienne vraiment pour le handicap.

Depuis des décennies, les Français ne votent plus POUR quelqu'un aux présidentielles. Dimanche, ils ne sauront même pas CONTRE qui voter...

Ils pourraient avoir plus d'idées au second tour car moins de possibilités, mais alors ils peuvent encore se tromper dans leur choix.

Ils seront tous mauvais ces choix au 1er tour, il faut juste essayer d'éviter les pires. Je n'ai pas dit « le » pire car qu'il n'y en ait qu'un seul est un luxe que n'avons pas, que nous n’avons plus, l’a-t-on jamais eu ? Je ne crois pas, cela ne fait « que » 33 ans que je peux voter…

Alors, oui, dimanche j'irai voter. Même si je vote « contre » contre. Parce que m’abstenir, ben alors je ne pourrais plus me plaindre après… et je compte bien continuer à le faire et même ici.

À dimanche, au bureau de vote à Tournai.